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26.05.2008

Le dalaï-lama au Financial Times : « Oui, personnellement, je veux aller aux J.O. »

1537939099.jpgLe 24 mai 2008, une équipe éditoriale du « Financial Times » a rencontré le chef spirituel et temporel du Tibet à Nottingham en Angleterre pour une interview reproduite in extenso en date du 25 à 18:30 dans les colonnes en ligne du grand quotidien britannique.

A cette occasion le prix Nobel de la Paix 1989 s’est à nouveau exprimé sur une éventuelle invitation de la part de Pékin à assister aux prochains Jeux olympiques dans la capitale de l’Empire du Milieu.

« Oui, personnellement je veux y aller » a déclaré le hiérarque tibétain tout en assortissant cette réponse positive à certaines conditions.

La suite sur http://rangzen.rmc.fr/

Rappelons que c'est Rangzen et Libre Opinion qui ont lancé le 25 avril 2008 sur La Toile un appel "Que Pékin invite le dalaï-lama aux J.O." appel à une invitation qui, selon l'agence Reuters, a fait depuis l'objet de plusieurs rebondissements. Voir également le compte-rendu de l'affaire sur Le Post: http://www.lepost.fr/article/2008/05/26/1198302_le-dalai-...

La question a donc été posée le 25 avril 2008, quel pourra être le rôle de Nicolas Sarkozy, premier magistrat de la République des Droits de l'Homme, une fois parvenu à la présidence de l'Union européenne, pour favoriser une juste solution de la question tibétaine à l'occasion des J.O. de Pékin ?

Rangzen avec Libre Opinion

16.05.2008

Le dalaï-lama n’envisage pas de se rendre aux J.O.

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Reuters, 15 mai 2008, Berlin.

Le dalaï-lama trouverait difficile d'aller aux J.O. de Pékin, selon des propos attribués au prix Nobel de la Paix par la télévision allemande jeudi suite aux déclarations d'un élu du parlement tibétain en exil selon lesquelles les Chinois auraient cherché à savoir si le dalaï-lama répondrait à une invitation dans ce sens.


« Si la situation reste telle qu'elle est maintenant et qu'il n'y a aucune amélioration, il serait fort difficile pour moi de m'y rendre »., le dalaï-lama a-t-il précisé à la ZDF dans une interview lors de sa visiter de cinq jours en Allemagne.

La chaîne allemande ZDF a ajouté que jusqu'ici le dalaï-lama n'avait pas reçu d'invitation à se rendre aux J.O.

Selon ZDF, le dalaï-lama a déclaré que sans les troubles de Mars dernier au Tibet, il y aurait eu « une réelle possibilité de voyager là-bas (Pékin) et de se réjouir en cette grande occasion ».

The Guardian.

Le 12 mai 2008 depuis Taipei capitale de la province dite « rebelle » de Taiwan, l'agence Reuters publiait une dépêche de Ralph Jennings selon laquelle « Un haut fonctionnaire chinois avait demandé si le dalaï-lama accepterait d'assister aux J.O. à Pékin afin d'apaiser les récentes tensions ».

Le journaliste de Reuters citait les déclarations d'un législateur du gouvernement tibétain en exil , ce même jour, dans la métropole formosane.

Selon ce membre du parlement tibétain en exil basé à Taipei, M. Khedroob Thondup, le prix Nobel de la Paix envisagerait de s'y rendre.

D'après l'élu tibétain en exil, un haut dirigeant à Pékin l'avait appelé il y a deux semaines de cela pour le « sonder » sur cette idée de visite olympique. Cet élu tibétain n'a pas identifié le dirigeant en question.

Ce geste, selon la dépêche de Reuters, suggère que Pékin cherche à montrer au monde qu'il peut s'entendre avec les dirigeants tibétains suite à un rebond de l'opinion mondiale face à la manière dont la Chine a réagi aux violences au Tibet.

« S'ils veulent inviter Sa Sainteté aux J.O., cela constituerait un grand changement », Khedroob Thondup a-t-il déclaré à l'agence de presse, et, se référant au dalaï-lama d'ajouter: « Je suis certain qu'il l'envisagerait »

Reuters

Rangzen et Libre Opinion ont publié dès le 25 avril 2008 sur Le Post, 20 Minutes.fr et, le 29 avril, sur AgoraVox un appel « Chine-Tibet : que Pékin invite le Dalaï-Lama aux JO ! » Appel posté sur plusieurs sites d'informations en ligne (rubrique « commentaire ») dont en premier Le Point et Le Nouvelbos. Merci de votre attention.

Rangzen avec Libre Opinion.

08.05.2008

Tibet: base avancée de l’expansionnisme chinois.

791013752.jpgC’était en juin 1994. J’arrivais au Tibet depuis de Dharamsala en Inde, siège du gouvernement tibétain en exil, après avoir parcouru le Karakoram Highway au Pakistan, dévalé sur le Xinjiang, et traversé le désert du Taklamakan puis visité les célèbres grottes bouddhistes à Dunhuang au Gansu. L’autocar brinquebalait sur les routes défoncées qui grimpent depuis Golmud au Qinghai jusqu’à Lhassa. La nuit tombait sur le véhicule bondé. Pour m’endormir sur mon siège très inconfortable où j’étais serré comme une anguille dans une boîte à sardines, au lieu de compter les moutons j’ai compté les camions militaires. A 250, je crois, je me suis assoupi.

Le Tibet: un vaste camp militaire chinois.

La présence militaire du Dragon chinois au pays de la frêle Antilope tibétaine, c’est entre trois et cinq cent mille hommes; quatorze aérodromes militaires; cinq bases de missiles situés à Kongpo Nyitri, Powo Tamo, Rudok, Golmud et Nagchukha; au moins huit missiles balistiques intercontinentaux (ICBM); soixante-dix missiles à moyenne portée et vingt de portée intermédiaire (Tibet-info).

Le Sénat français lui-même le reconnaît : La présence militaire chinoise au Tibet s'élève à 500 000 personnes en uniforme. Environ 90 têtes nucléaires y seraient déployées.

En 1986, le Tibet est placé sous le contrôle de deux régions militaires: la région militaire du sud-ouest dont le quartier général est à Chengdu au Sichuan et la Région militaire de Lanzhou dont le quartier général est à Lanzhou au Gansu (Global Security).

Depuis, il a été prévu que le commandement du District miliaire du Tibet soit déplacé de Chengdu (Sichuan) à Gongkar (Tibet) sur la route menant à l’aéroport de Lhassa: 40 bâtiments de 3 étages de 40 pièces chacun et capables d’accueillir 15.000 hommes, qui s‘étalent sur 1 km de long.

De ce vaste complexe seront dirigés les six sous-districts militaires tibétains: entre autre, deux divisions d’infanterie indépendantes, six régiments de défense frontalière, cinq bataillons indépendants de défense frontalière, trois régiments d’artillerie, deux régiments des transmissions avec une base principale de transmissions, trois régiments d’ingénierie, trois régiments de transport, quatre bases aériennes, deux régiments radar, deux divisions et un régiment de forces para-militaires (ou « armée locale), une division indépendante et six régiments indépendants de la Police armée populaire.

Ce qui frappe le visiteur qui se promène dans Lhassa, c’est le nombre de bâtiments relevant de l’armée ou de la police militaire (invisibles aux touristes ignorant les idéogrammes chinois) même si les soldats chinois ne paradent pas à chaque coin de rue en dehors des périodes d’émeutes et d’insurrection où la Chine déploie régulièrement la 149ème division aéroportée basée au Sichuan.

En 2009, l’an prochain, cela fera 60 ans que l’armée chinoise aura pris position au Tibet.

En 1949, l’avant-garde de l’Armée populaire de Libération (APL) pénètre au Tibet. Au printemps de 1950, la 18ème Armée chinoise y met le pied en passant par Dartsedo à l’est et l’Amdo au nord-est. La 14ème division procède au sud-est par Dechen. Après avoir occupé le Kham et l’Amdo, les premiers éléments de la 18ème Armée entrent à Lhassa le 9 septembre 1951 et le reste de la troupe l’y rejoint le 26 octobre 1951.

Depuis la Chine n’a eu de cesse de faire du Toit du Monde une base militaire avancée, le fer de lance de son expansionnisme et de sa domination dans la région.

Le Tibet: une base nucléaire chinoise avancée.

Depuis des décennies, le plateau tibétain est utilisé par le Dragon chinois à des fins nucléaires.

Des essais nucléaires ont eu lieu dans le Lop Nor situé dans la province du Xinjiang, au nord de la Région Autonome du Tibet, une région qui appartient au Grand Tibet d’avant la colonisation.

L'explosion souterraine du 25 septembre 1992, équivalente à moins de 20 kt de TNT, a provoqué une secousse de magnitude 5,2 sur l'échelle de Richter. L'essai précédent sur le même site, le 19 mai 1992, était le plus puissant jamais conduit par la Chine, 300 - 1 000 kt (Tibet-Info).

La première arme nucléaire connue a été apportée sur le plateau tibétain en 1971 et installée dans le bassin de Tsaidam (en chinois : Qaidam) au nord de l'Amdo (en chinois : Qinghai).

La Chine possède actuellement environ 600 têtes nucléaires, dit-on, dont plusieurs douzaines au moins se trouveraient sur le plateau tibétain.

Construite au début des années 1960, La Neuvième Académie a été chargée de mettre au point en urgence les premières bombes atomiques chinoises.

Réputée ville nucléaire "top secret", la Neuvième Académie, située à Dhashu (Haiyan, en chinois) dans la préfecture autonome du Tibet de Haibei, a mis en place à la fin des années 1970, une industrie chimique pour y mener des expériences sur le retraitement de l'uranium enrichi.

En effet, l’uranium tibétain est un enjeu pour Pékin. Selon Le Monde du 27 mars 2008, le Tibet abriterait la plus grosse réserve mondiale d'uranium. Il y aurait au bas mot 9 mines du précieux minerai sur le plateau tibétain, mais peu d’informations transpirent sur l'exploitation de ces mines dont au moins une serait localisée aux alentours de la ville de Nyingtri (Atlas du nucléaire).

Le 20 juillet 1995, Chine Nouvelle (Xin Hua, agence de presse officielle) annonçait que la Neuvième Académie aurait été fermée en 1987 et déplacée vers d'autres sites au Tibet oriental. Ce qui à l’époque fut contesté par le Gouvernement tibétain en exil.

Pékin entretiendrait un autre centre nucléaire à vocation militaire à Tongkhor (Huangyuan, en chinois) en Amdo.

Sites de lancement de missiles nucléaires

Le bassin de Tsaidam au nord-ouest de la province de l'Amdo accueillit près du Lac Kokonor, les premières armes nucléaires fabriquées par la Neuvième académie au début des années 1970. Là, Pékin, à cette époque, établit son site de missiles nucléaires et de lancement de missiles Dong Feng Four (DF-4), premiers missiles balistiques chinois intercontinentaux. D’une portée évaluée originellement à de plus de 4 000 km, les DF-4 avaient la capacité d'atteindre tout le sous-continent indien. Puis leur portée étendue à 7000 km, les DF-4 dans leur version actuellement déployée sur le plateau tibétain pourraient atteindre Moscou ainsi que le reste de la défunte Union soviétique.

Pékin disposerait d’une autre base de missiles au nord-ouest de Nagchukha, ville située à 250 km au nord-ouest de Lhassa et à 4,526 mètres d’altitude, ainsi qu’à Delingha [Terlingkha] à 200 km au sud-est du Grand Tsaidam, où il y a aurait quatre sites de lancement de DF-4 (voire de DF-21) dépendant du Second Corps d’Artillerie (Unité 80306), division dont le quartier général est à Xining au Qinghai (Fas.org).En Amdo, la Chine aurait aussi disposé quatre missiles de type Css-4 (DF-5) d’une portée de 8.000 km capables de frapper l’Amérique, l’Europe et toute l’Asie (Les Amis du Tibet).

Bases aériennes équipées d'armes nucléaires

Située à 97 km au sud-ouest de Lhassa, Gongkar est la principale base aérienne militaire chinoise au Tibet. C’est là qu’est installé le nouveau quartier général du District miliaire du Tibet. C’est aussi un centre de ravitaillement des forces chinoises situées en zone frontalière.

De là, les bombardiers nucléaires chinois peuvent atteindre des cibles en ancienne Union soviétique ou en Inde (Les Amis du Tibet). En 1988, si l’on en croit le Jiefangjun Bao, le Journal de l’Armée de Libération, la Chine a conduit au Tibet des « manœuvres de défense chimiques en zone de haute altitude pour tester des équipements nouvellement développées ». Selon l’Agence TASS russe le 3 juillet 1982, « La Chine a procédé à des essais nucléaires dans plusieurs régions du Tibet de sorte à déterminer les niveaux de radiation parmi les populations qui y vivent » (Tibet.com).

La Chine au Tibet pour encercler l’Inde ?

Courant 2000, c’était le 6 avril devant une commission de la Chambre des Représentants à Washington D.C., un élu américain, Banjamin Gilman, maintenait que la « présence militaire de la Chine sur le frontière nord de l’Inde faisait partie d’une tentative pour encercler son voisin démocratique ».

Le président à l’époque de la Chambre des relations internationales, constatait que, d’un côté, « la Chine transférait des armes nucléaires au Pakistan » à l’ouest tout en courtisant, d’un autre, à l’est, le régime de Rangoon « en vendant à la Birmanie pour près de 2 millions $ d’armes ».

Même constat au sud, la Chine reste le principal fournisseur d’armes du Sri Lanka.

Pour Benjamin Gilman, l’Inde, avec le déploiement militaire chinois sur le Toit du monde, était confronté « au spectre de devoir faire simultanément face à de sérieuses menaces stratégiques sur ses frontières à l’ouest, au nord et à l’est ».

Plus alarmant, aux yeux de l’élu américain, était la « série extensive de bases de missiles et d’installations nucléaires » entretenue par Pékin sur le plateau tibétain.

Sachant que la Chine y a déployé « un quart de son armée » dont la moitié basée le long de la frontière entre le Tibet et l’Inde et que quatre armées chinoises de 60.000 hommes de troupe chacune sont basées dans des zones géographiques de la Chine d’où elles peuvent participer à des actions contre l’Inde entamées depuis le Tibet.

Depuis son occupation du Tibet en 1950, remarquait alors Benjamin Gilman, l’APL a fiévreusement construit des réseaux routiers tout temps quadrillant … le Tibet. Deux autres axes principaux conduisent au Pakistan et au Népal, pays frontaliers de l’Inde. Le nouveau système routier permet à la Chine de déplacer rapidement des formations militaires le long de la frontière indienne, donnant la capacité aux généraux chinois de concentrer des armées se soutenant mutuellement presque partout le long de cette frontière.

D’après l’élu américain, la Chine a donc pris à plus de 4.000 mètres d’altitude une position dominante sur l’Inde d’où elle peut contrôler l’espace aérien indien, ses communications électroniques et ses mouvements de troupe au sud de l’Himalaya.

De noter que les 14 principales bases aériennes disposées par Pékin sur le plateau tibétain sans compter nombre de pistes d’atterrissage tactiques donnaient sans conteste à la Chine la domination de l’espace aérien tibétain et la possibilité de frapper les principales villes du nord de l’Inde dont Delhi, Bombay et Calcutta(Fas). Pourquoi le nier, après son annexion du Tibet, le pouvoir communiste a très rapidement déployé de nombreuses troupes aux frontières du Tibet et de l’Inde. Ce qui a d’ailleurs engendré, en 1962, le conflit sino-indien.

Selon Raymond Myers, c’était pour les Amis du Tibet également en 2000, « Depuis longtemps l'Inde accuse la Chine de la menacer d'une attaque nucléaire ». D’ailleurs, « Le nouveau missile indien de portée intermédiaire, appelé Agni, aurait été conçu pour lancer des ogives nucléaires sur des cibles chinoises situées aussi loin que les centres industriels de Chengdu, Lanzhou, Xian et Wuhan. »

L’auteur de relever que dans une lettre adressée au Président Bill Clinton en mai 1998, le premier ministre de l'Inde, A.B. Vajpayee, a résumé le point de vue indien : "Nous avons à nos frontières un État possédant ouvertement l'arme atomique, un État qui a perpétré une agression armée contre l'Inde en 1962. Pour ajouter à cette angoisse, ce pays a aidé de façon cachée un autre de nos voisins (le Pakistan) à acquérir l'arme nucléaire".

De noter en sus que le Dragon chinois fournissait entre 1992 et 1994 plus de cinquante missiles M-11 au Pakistan, ennemi traditionnel de l'Inde, en « violation évidente par la Chine du Traité de non prolifération des armes atomiques qu'elle a signé en 1992.» (Les Amis du Tibet).

Tibet: base avancée de l’expansionnisme chinois.

Alors, le Dragon chinois a-t-il dans l’idée de se servir du Tibet comme d’une base avancée pour refermer ses griffes sur l’Union indienne ?

La ligne ferroviaire Pékin-Lanzhou-Lhassa, une fois poursuivie jusqu’à la frontière népalaise, ne sera-t-elle pas le fer de lance d’une pénétration manifeste du Dragon chinois vers l’Inde ?

On sait que pour l’ascension de la flamme olympique au sommet de l’Everest, le Dragon chinois a ni plus ni moins « acheté » le Royaume népalais en passe de devenir une République maoïste et ordonné aux forces de l’ordre de ce pays de tirer sur d’éventuels contradicteurs. L’axe Pékin-Lhassa-Katmandou est en pleine expansion. Peut-on douter que demain le Népal maoïste ne se comportera pas comme le meilleur ami de son gigantesque voisin ?

Aussi est-il légitime de se demander si l'on doit prêter au Dragon chinois des visées expansionnistes voire hégémonistes dans la région.

Voilà qui expliquerait les revendications territoriales chinoises: Les archipels des Paracels et Spartley, en mer de Chine, le nord du Ladakh (l’Aksaï Chin dans l‘ouest de l’Himalaya indien), l’Arunachal Pradesh dans l’est de l’Himalaya indien. Les Shenkaku, d'autres ilôts, au Japon.

Revendications qui s’ajoutent aux régions déjà annexées et assimilées : le Turkestan oriental sous le nom de Xinjiang (Nouvelles Frontières), la Mongolie intérieure, la Mandchourie, le Tibet.

Où l’appétit du Dragon chinois s’arrêtera-t-il ?

C’est un fait au plan géostratégique l’invasion du Tibet a placé la Chine en situation de contrôle en Asie centrale face à la Russie, au monde musulman et à l’Inde considérée, dit-on, comme adversaire prioritaire dans sa volonté de leadership sur le continent asiatique (Les Amis de l’Université).

Or l’Asie n’est pas seule au monde. Aussi faut-il replacer la présence militaire du Dragon chinois auprès de l’Antilope tibétaine dans le cadre plus global de l’échiquier géostratégique mondial.

La Chine est aussi un allié de la Russie, du Kazakhstan, de la République kirghize du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan dans le cadre de l’Organisation de Coopération de Shanghai (Shanghai Cooperation Organization ou SCO) dont le quartier général est à Pékin.

A son tour, la SCO entretient des liens avec l’Organisation du Traité de Sécurité collective (Collective Security Treaty Organization ou CSTO) qui regroupe militairement la Russie, l’Arménie, le Belarus, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan, la République kirghize et le Tadjikistan .

En octobre 2007, les deux organismes ont signé un mémorandum jetant les bases d’une coopération militaire. Cet agrément comprend la création d’une alliance militaire à part entière entre la Chine, la Russie et les membres des deux organisations qui, en 2006, ont conduit des exercices militaires conjoints.

Pour certains analystes, les États-Unis et leurs partenaires de l’Alliance atlantique cherchent à saper la formation d’une telle alliance militaire en Eurasie susceptible de faire concurrence à la présence atlantiste dans la région, car elle combinerait les capacités militaires non seulement de la Chine et de la Russie mais aussi de plusieurs ex-républiques soviétiques.

A cet effet, l’Amérique de George Bush ourdirait le plan de s’attaquer à l’Iran dont les alliés sont l’Ours russe et le Dragon chinois, encerclant ce dernier, sauf au nord, de bases militaires.

L’Aigle américain a mis le pied en Afghanistan qui jouxte le Pakistan, allié de Pékin. Washington et l’Alliance atlantique ont depuis 1986 établi des liens avec plusieurs républiques de l’ex-Union soviétique, la Géorgie, l’Ukraine, l’Ouzbékistan (qui a fait défection en 2002), l’Azerbaïdjan et la Moldavie.

En mars 1999, le Congrès américain adopte le Silk Road Strategy Act (loi sur la Stratégie sur la Route de la Soie) qui circonscrit les intérêts stratégiques et économiques des USA dans une région s’étendant de la Méditerranée orientale à l’Asie centrale. La militarisation du corridor eurasiatique y est prévue pour préserver de vastes réserves en pétrole et en gaz.

Une militarisation identique s’applique dans la mer de Chine du Sud et le Détroit de Taiwan. Où l’on prête à l’Aigle américain l’intention de recourir aux armes nucléaires contre le Dragon chinois en cas de confit militaire de Pékin avec l’île dite « rebelle ».

L’Aigle est aussi présent sur la péninsule coréenne et dans la mer du Japon, tout en déployant ses ailes au cœur de l’Asie centrale et à la frontière occidentale de la Chine, dans la Région autonome du Xinjiang (Turkestan oriental).

Le Pays du Soleil levant de son côté a progressivement harmonisé sa politique militaire avec celle de l’Aigle et de l’OTAN.

Plus encore, l’Aigle américain, pour les adeptes de cette théorie du complot, soutiendrait les mouvements sécessionnistes à la fois au Tibet et au Xinjiang qui borde le nord-est du Pakistan et l’Afghanistan.

Quatre organisations ouighoures islamistes, apôtres de la sécession, auraient pour plan d’instaurer dans la région un « califat islamique » qui intégrerait l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Kirghizstan (Turkestan occidental) et le territoire ouighour en une seule unité politique. Ce projet recevrait l’appui de « fondations » wahhabistes dans les États du Golf. (Global Research, repris en ligne par le China Daily).

On comprend dès lors que le Dragon chinois s’arme d’autre chose que de patience !

Chine: une armée pour la paix ou pour la guerre ?

"La Chine a une politique militaire défensive et ne s'associera pas à la course aux armements", déclare le président Hu Jintao lors d'un discours à la prestigieuse université Waseda de Tokyo pendant son très récent voyage officiel au pays du Soleil levant. De préciser devant les caméras de la télévision nippone :

"Nous ne deviendrons pas une menace militaire pour quelque pays que ce soit et nous ne prétendrons jamais à l'hégémonie ou à l'expansionnisme". (Aujourd’hui le Japon).

Le budget militaire du Dragon chinois est encore bien loin d’égaler celui de l’Aigle américain ou de l’Ours russe. Dès 2005, les dépenses guerrières étasuniennes représentaient la moitié du budget mondial dans ce secteur. Le Dragon compte 600 têtes nucléaires, dit-on, contre 10.000 à l’Aigle. L’Aigle avec l’OTAN est présent d’est en ouest, déploie ses missiles en Europe comme en Asie centrale et en Turquie, tandis que le Dragon commence juste à pointer le bout de son museau en dehors de sa tanière.

Le Dragon fait partie des 5 grandes puissances nucléaires mondiales avec les quatre autres membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU. Sa force de frappe nucléaire reste apparemment stictement défensive et dissuasive. Mise en oeuvre par un corps spécial de 90.000 hommes, la "Seconde artillerie", cette force nucléaire comprendrait une cinquantaine d'engins basés à terre, de portée intercontinentale, et une douzaine (bientôt 24) de missiles tirés de sous-marins: les Dong Feng DF 5-A de 13.000 km de portée, vecteurs de têtes d'une puissance  estimée entre 3 et 5 mégatonnes ; Dong Feng DF-31, de 8.000 km de portée, placés sur lanceurs mobiles et sur rails, vecteurs d'une tête unique de 2,5 mégatonnes ou de trois tête indépendantes (MIRV) de 90 kilotonnes ; et DF-31 A d'une portée de 12.000 km. Entre autres missiles JL-2 tirés de sous-marins nucléaires, missiles de portée intermédiaire DF-4, en cours de retrait, et un nouveau DF-25 mobile de 2.000 km de portée sans compter la composante à courte et moyenne portée de type DF-21 (50 unités), DF-15 (200 unités) et DF-11 (500).

Le Dragon affûte ses griffes. Mais :

Si l’on en croit la revue RAIDS dans son hors-série n°27 de mai 2008, il faudra peut-être attendre 2010 voire 2020 pour que la Chine mette en vol une machine opérationnelle, un chasseur de 5ème génération type J-XX & J-12, qui puisse rivaliser avec ses concurrents notamment le F-22 américain. Aujourd’hui, seul le Chengdu-Jian 10 (J-10) peut espérer concurrencer le F-16 américain ou le Mirage 2005 en vol à Taiwan. Les bombardiers chinois H-6 dérivés du Tupolev russe Tu-16 « Badger » sont d’antiques machines dont certaines ont été transformées en avions ravitailleurs. La motorisation de la flotte aérienne dépend encore entièrement du bon vouloir des Russes.Mais depuis 2006, la marine chinoise est, avec près de 800.000 tonnes, la troisième du monde (cf. sur AgoraVox La Chine 3ème marine de guerre du monde ?) derrière les États-Unis et la Russie. Dès l’horizon 2015-2020, dit-on, ce sera la première marine du monde.

Aujourd’hui, le Dragon aligne 424 bâtiments à flot dont 70 sous-marins (voire plus): Plusieurs SNLE ou sous-marin nucléaire lanceur de missiles balistiques à têtes nucléaires de type Jin (Projet 093) et SNA ou sous-marin nucléaire d’attaque de type Shang (Projet 094). Une dizaine de SNA pourrait être en service en 2015.

En sus 60 destroyers et frégates à quoi s’ajoutent la flotte amphibie ainsi que les navires furtifs en constant développement. Mais si l’Aigle a 11 porte-avions déployés dans le monde, chacun transportant 90 avions, le Dragon, quant à lui, n’en a aucun.

Relativisons donc la puissance de feu du Dragon chinois.

Pour affirmer ses ambitions océaniques et contrôler des voies d'approvisionnement énergétique vitales, le Dragon chinois s'est donc lancé depuis quelques années dans un ambitieux programme de modernisation de sa marine.

Pour certains spécialistes, la doctrine stratégique chinoise évolue présentement de la défense de son territoire à une « défense active » au-delà de ses frontières. Dans cette optique, un réseau d’installations portuaires a été construit dans l’océan Indien et la mer de Chine du Sud qui pourraient être utilisées pour protéger le pétrole en provenance du Moyen-Orient (Mondialisation.ca).

En outre, ce qui est clair, le Dragon a des revendications sur les archipels des Paracels & Spratley, au Vietnam, comme, au Japon, sur un chapelet d'îles, les Shenkaku, à proximité immédiate d'Okinawa, ainsi que sur le champ gazier de Shirakaba (Chunxiao, en chinois) qui abriterait pas moins de 200 milliards de m3 de gaz naturel (Mer et Marine 1 & Mer et Marine 2). A ce dernier sujet, le président Hu Jin-tao a profité de sa récente visite officielle au Pays du Soleil levant pour retirer l’eau de ce gaz en ébullition et la mettre dans son vin.

Et il reste toujours l’épée de Damoclès d’un éventuel conflit ouvert avec l’île dite « rebelle » de Taiwan en cas de déclaration d’indépendance intempestive, éventualité qui s’estompe depuis la récente élection à Taipei du président Ma Ying-chou favorable à un rapprochement avec Pékin.

Mais le danger principal pourrait bien être sur le front himalayen. Selon certains observateurs, « Il est clair que la Chine envisage la potentialité d’un conflit majeur sino-indien et elle se donne les moyens de ses ambitions, par exemple, par l’aménagement de tout un réseau routier convergent vers la zone frontalière pour l’acheminement rapide de troupes et de matériels » (Les Amis de l’Université).

Vrai ou faux ? Vrai répondrait l'Américain Benjamin Gilman,comme nous l'avons vu plus haut.

Certes, on l’a vu aussi, le Dragon n’a fait qu’une bouchée de la frêle Antilope tibétaine au prétexte fallacieux qu’elle lui « appartenait » depuis quelque 700 ans. Par la suite, le Dragon a fait du territoire de l’Antilope himalayenne un vaste camp militaire et une base nucléaire puis, de là, a absorbé sans autre forme de procès une partie du territoire de l’Union indienne, l’Aksaï Chin dans le Ladakh, à l’ouest de l’Himalaya, tout en revendiquant l’Arunachal Pradesh à l’est de la même chaîne non sans déclencher une guerre frontalière avec son voisin du sous-continent indien en 1962.

Ce qui porte à réfléchir.

Le Tibet, qui a des milliers de kilomètres de frontière avec l'Inde, était jusqu'en 1949 un paisible état-tampon entre l'Inde et la Chine, libre et indépendant Aujourd'hui trois cent à cinq cent mille soldats et un quart des missiles nucléaires chinois y sont présents.

Et avec le mouvement d’encerclement décelé par certains tout autour de l’Union indienne, c’est peut être bien là que, le plus vraisemblablement, le danger de l’expansionnisme chinois, si danger il y a, risque de se faire sentir à l’avenir.

Le Dragon chinois est devenu la quatrième puissance économique mondiale dotée de la première armée en termes de soldatesque. Le Dragon, céleste, s'est envolé à la conquête de l'espace avec son premier taïkonaute et vise désormais la lune.

Le Dragon impérial en Chine a cinq griffes. Depuis la création de la Nouvelle Chine, quatre ont d'ores et déjà été plantées dans la Mandchourie, la Mongolie, le Turkestan oriental et le Tibet. La cinquième est-elle destinée à l'Inde ?

Car, si un jour la Chine n’a plus suffisamment de riz pour nourrir sa population destinée à dépasser bientôt le 1.5 milliard de bouches, il ne lui restera plus qu’à envahir le nord de l’Inde riche en excellentes rizières. C'est la conclusion à laquelle l'auteur est parvenue il y a plus de dix ans de cela après étude sur pièces dans la presse indienne lors d'une villégiature prolongée sur les contreforts de l'Himalaya en Inde. Or ce scénario catastrophe d’une guerre du riz entre la Chine et l’Inde est-il vraiment concevable ? Aujourd’hui, certes non. Mais dans dix ans, dans vingt ans, dans trente ans, ce sera une tout autre histoire.

Et chacun reste libre d'envisager à quelle paix ou à quelle guerre le Dragon chinois pourrait à l'avenir utiliser sa puissance de feu.

Rangzen avec Libre Opinion.

nota bene: le Dragon en Chine n'est pas une affreuse bête malfaisante, style Quetzalcoatl à cornes et queue de Bélzébuth, que tel St Michel ou tel Siegfried de la tradition occidentale devraient terrasser pour le bien de l'humanité, mais le symbole de la toute puissance impériale. Le recours au symbole du Dragon pour désigner l'Empire du Milieu est donc normal et n'a aucune connotation péjorative. On dit aussi les 4 Dragons pour désigner Singapour, Hong-Kong, la Corée du Sud et Taiwan, puissances économiques émergentes en Asie du Sud-Est et en Extrême-Orient.

 

 

04.05.2008

Chine: une armée pour la paix ou pour la guerre ?

1753584552.jpg« C'est un dragon qui n'en finit pas de s'éveiller, et le monde tremble chaque fois davantage. » Julie Desnée, Le Figaro 04/03/2008.

Dans une dépêche de l’AFP reprise par Aujourd’hui la Chine le 1er mai, le directeur de la CIA, Michael Hayden, qualifiait, la veille, de "troublante" la militarisation de la Chine qui se fait avec "une rapidité et une portée remarquables".

L’homme de Langley soulignait que « la Chine est déterminée à montrer ses muscles". C’était lors d’un discours prononcé à l'université d'État du Kansas.

Selon toute apparence, pour Pékin, une force militaire perfectionnée va de pair avec son statut de grande puissance.

Le lendemain de l‘intervention du chef de la CIA, la grande presse faisait ses gorges chaudes de la découverte d’une base sous-marine secrète à San Ya, non loin des plages paradisiaques de l’île de Hainan dans le sud de la Chine. Depuis les galeries creusées sous la roche pour accueillir submersibles nucléaires et porte-avions à l’abri des regards indiscrets, l’Empire du Milieu pourrait contrôler la Mer de Chine, la route d’approvisionnement en pétrole du Japon et pourquoi aller titiller l’Inde en remettant en cause la suprématie de la flotte américaine dans la région.

N’est-ce pas un signe ?

Selon le chef espion de l‘Oncle Sam « Cette croissance militaire est troublante car elle renforce les inquiétudes à long terme sur les intentions de la Chine envers Taiwan". Surtout avec une base sous-marine secrète à Hainan.

Les États-Unis sont le principal fournisseur d'armement de l'île aussi appelée la « province rebelle » en raison de ses velléités d’indépendance et d’adhésion aux Nations unies, ce qui serait un casus belli, dit-on, pour les autocrates de Pékin.

La Chine est-elle pour autant « un ennemi inévitable" ? Pour Michael. Hayden, la réponse est NON.

L'envol du budget militaire en Chine.


Les dépenses militaires de la Chine en 2007 s’évaluaient entre 97 et 139 milliards de dollars, si l’on en croit Un récent rapport du Pentagone, au lieu d'un budget déclaré de 45 milliards (Aujourd'hui la Chine).

Pékin annonçait en mars 2008 la vertigineuse progression de son budget militaire, de près de 20 % [17,6%, dit-on, pour être plus précis] avec 39 milliards d'euros.

Mais cette nouvelle augmentation vient s'ajouter aux bonds enregistrés chaque année par le budget de l'armée chinoise.

En effet, le budget prévu de la défense pour l'année 2008 est de 417,769 milliards de yuans (57,229 milliards de dollars), en hausse de 62, 379 milliards de yuans par rapport à l'année dernière.

Pendant la période de 2003-2007, les dépenses militaires ont augmenté de 15,8% en moyenne en glissement annuel alors que la croissance des recette fiscales s'établissait à 22,1% en moyenne durant la même période.

Le budget de la défense officiel chinois est en constante augmentation depuis les années 1990 passant de 14,7 milliards de dollars en 2000 à 44,94 milliards de dollars (près de 35 milliards d'euros) en 2007. Soit aux alentours de 1,4 % du PIB et de 7 à 8 % du budget de l'État. Le pentagone le réévalue néanmoins et le situe entre 85 et 125 milliards de dollars. (Source : Le Figaro & Chine-Informations)

Le Dragon montre les dents et crache le feu !

L'importation de matériel étranger n'est pas compris dans ce budget officiel. Les achats à but militaire passés dans les industries civiles s’élevaient en 2007 entre 80 et 120 milliards de dollars.

La Chine est actuellement l'un des plus gros importateurs d'armements de la planète. De plus, son industrie de l'armement - par le nombre d'employés, non par la production-, constitue le premier complexe militaro-industriel du monde.

Les forces armées chinoises très impliquées dans le secteur industriel contrôlent quinze mille entreprises: usines d'armement, banques, agences de voyages et même casinos.

Les effectifs globaux s'élevaient en 2003 à 2 250 000 militaires d'active, 7 180 chars, 4 560 blindés, 3 400 avions, 480 hélicoptères, 132 navires de guerres et 258 autres bâtiments de support (logistique, bâtiments amphibies…).

La Chine disposait alors d'environ 400 armes nucléaires, d'une trentaine d'ICBM et de SLBM, 100 missiles de portée intermédiaires, 600 missiles balistiques moyenne portée avec des charges classiques ou nucléaires pointés, disait-on, sur Taiwan.

En résumé, un bon gros bébé qui, avec ses missiles balistiques et de croisière capables de frapper des porte-avions en mer, ses armes antisatellite et missiles balistiques intercontinentaux, vient de se voir doté d’une panoplie militaire qui confine à l’arsenal guerrier dernier cri.

Le Dragon tient tête à l'Aigle américain.

On comprend que Washington ait quelques vapeurs face à la puissance de l’armée chinoise. Trois secteurs notamment inquiètent le Pentagone: la panoplie de missiles à longue portée, la flotte de sous-marins nucléaires capables de lancer des missiles JL-2 d'une portée de 8 000 kilomètres, et enfin la capacité spatiale.

Selon nos amis chinois, pour reprendre une expression de Bernard Kouchner, la modernisation de la défense chinoise s’inscrit dans le cadre de la "société harmonieuse et du développement pacifique" de la Chine.

Certains américains, peu convaincus, par exemple chez les Républicains, n’ont de cesse d’alerter le Congrès et l’opinion: Pékin est, à long terme, le seul véritable ennemi stratégique des États-Unis.

Apprend-t-on sur Chine Information, grâce à un article du quotidien Le Monde (28 mai 2007), la Chine vise à maintenir son accès à des ressources et des marchés indispensables à son développement économique. La Chine tend également à établir une présence et une influence régionales susceptibles d'entrer en compétition avec d'autres puissances - les États-Unis, le Japon et l'Inde, principalement -dans des zones éloignées des frontières de la Chine.

Le Pentagone, toujours lui, fait les gros yeux. D’une part, les forces nucléaires chinoises vont à terme s’équiper de missiles balistiques intercontinentaux de type DF-31 et DF-31 A dont la portée est respectivement de 7 200 et 11 200 kilomètres. Et, d‘autre part, la seconde génération de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) de classe Jin est en cours de test.

Qui plus est, la Chine a la capacité de détruire des satellites situés en orbite basse, et la faculté de brouiller les satellites de communication et les récepteurs GPS (Source: Chine-Informations).

Le Cyber-Dragon sort ses griffes.

Et la Chine est en outre à la pointe du combat cybernétique. Au plus grand dam des Américains.

Selon le "Financial Times", l’armée chinoise piratait le réseau du Pentagone en juin 2007. Rien moins. Plusieurs serveurs furent mis en drapeau y compris ceux en relation avec Robert Gates, le secrétaire à la défense.

Si la Chine dément toute implication, le Pentagone considère néanmoins que c'est la première fois qu'une attaque des cyber soldats chinois a atteint un tel niveau de pénétration et d'accès à des réseaux sensibles.

Pour ajouter un peu d’huile sur le feu, le gouvernement allemand aurait vu certains de ses ordinateurs eux aussi piratés par Pékin, à en croire l’hebdomadaire Der Spiegel. Les Anglais, également, auraient bénéficié des mêmes attentions informatiques de la part du Dragon chinois, si l’on se fie aux très britanniques The Times et The Independent.

La Chine a donc invariablement opposé dénégation sur dénégation à ces informations.

Faut-il pour autant sombrer dans la psychose ?

Le Dragon militaire embrasse le monde.

Officiellement, l’Armée chinoise a pour mission de préserver l’intégrité territoriale de la mère-patrie, Taiwan, la « rebelle », étant en permanence dans le collimateur.

Mais, à l’extérieur de ses frontières, La Chine s'investit de plus en plus dans les missions de paix de l'ONU, dont elle est membre permanent du Conseil de Sécurité.

En 2005, d'importants dirigeants de l'armée chinoise visitent une trentaine de pays y compris en Europe et en Afrique. Quelque cinquante délégations étrangères de haut niveau conduites par leur ministre de la Défense ou chef d'état-major général sont reçues à Pékin.

De plus, la Chine participe aux discussions stratégiques et au dialogue de défense avec une vingtaine de pays dont les États-Unis, la Russie et les Philippines. La Chine prend art aussi à la réunion sur la politique de sécurité du 2e Forum régional de l'ANASE.

Du 18 au 25 août, les exercices militaires entre la Chine et la Russie appelés « Mission de paix 2005 » se déroulent près de Vladivostok et dans la mer Jaune. Au total de près de 10 000 hommes.

La marine chinoise procède à des exercices de sécurité axés principalement sur la recherche de disparus et le secours conjoint avec les forces armées navales du Pakistan, de l'Inde et de la Thaïlande.

Le 27 septembre 2005, quelque 40 observateurs militaires de 24 pays voisins et de pays occidentaux ont observé les exercices appelés « Épée du Nord – 2005 » dans la zone militaire de Beijing. Jamais manœuvres chinoises n’avaient eu un si grand nombre d'observateurs étrangers depuis la fondation de la RPCC en 1949.

Le 26 décembre 2004, suite a tsunami, le gouvernement chinois déploie les secours extérieurs sans précédents. L'armée chinoise procure des fonds et du matériel d'une valeur supérieure à 100 millions de yuans aux pays frappés par la catastrophe, et un million de dollars (US) et du matériel d'une valeur de 150 millions de yuans aux régions du Pakistan victimes d'un tremblement de terre. (Source: French-China)

L’Armée chinoise s’implique donc sur la scène internationale.

Boycotter le Dragon chinois pour le Darfour soudanais ?

De plus, la Chine développe sa coopération militaire. Notamment avec le Soudan.

L’actuel renforcements des liens militaires entre Pékin et Khartoum risque néanmoins de contrarier davantage et les États-Unis et l’Europe. En effet, les pays occidentaux insistent pour que la Chine fasse pression sur le Soudan pour autoriser le déploiement d’une force internationale des Nations unies dans le cadre de la crise du Darfour.

60 % de la production de pétrole soudanaise est importée par la Chine qui est le premier fournisseur d'arme de Khartoum. Le pétrole soudanais est un véritable ballon d’oxygène pour la Chine face à ses besoins en matière énergétique. En remerciement, Pékin offre sa protection du régime de Khartoum au siège du Conseil de Sécurité de l'ONU en utilisant son droit de veto dans la crise du Darfour.

D’où un concert de protestations à travers le monde.

En effet, la crise du Darfour éclate en 2003. L’ONU estime à 200 000 le nombre de victime mortes à cause des combats. Dans des camps de réfugiés s’entassent 2,5 millions de déplacés. L'ONU accuse également le pouvoir soudanais de soutenir les milices arabes responsables d'exactions contre les populations civiles comme des massacres, des exécutions et des viols collectifs.

L'actrice américaine Mia Farrow a, pour sa part, coécrit un article dans le Wall Street Journal qualifiant les Jeux de Pékin comme ceux du "Génocide Olympique".

(Source : Radio 86 avec AFP et Reuters)

Et la Chine livre aussi des armes ailleurs en Afrique. Par exemple au Zimbabwe où tout récemment une cargaison chinoise a été contrainte de faire demi-tour face à la pression des États-Unis quoi que la livraison d'armes par la Pékin fut légale même si le Zimbabwe est soumis depuis 2002 à des sanctions occidentales dont un embargo militaire.


Le Dragon chinois et l'Aigle américain. Face à face.

Les Américains sont englués dans le bourbier irakien qui engloutit leur budget miliaire. Pendant ce temps, le Dragon chinois modernise à pas de géant son armée au risque de prendre une longueur olympique d'avance, notamment dans les airs.

Patron des forces US au Japon (50.000 soldats), le général Bruce Wright est convaincu que plus aucun avion ne peut pénétrer les défenses aériennes chinoises, à l'exception de la dernière génération de chasseurs américains de type F-22 ou Joint Strike Fighter F-35.

Et la Chine, à coups de Soukhoï Su-27 et Su-30, achetés aux Russes, mais aussi à l'aide de J-10, un tout nouveau chasseur high-tech de fabrication maison, opérationnel depuis janvier dernier, renouvelle à vive allure son parc aérien.

En face, les appareils équipant l'US Air Force n'ont jamais été aussi âgés, s'inquiète ainsi le général. L'âge moyen des chasseurs F-15, par exemple, est de 24 ans, tandis que celui du KC-135, un ravitailleur en vol, est de... 46 ans.

"Pour la première fois dans l'histoire, nous pouvons voir un autre pays, en l'occurrence la Chine, avec des chasseurs plus récents que les nôtres", prévient le 5 étoiles yankee. (Source: Chine-Informations).

Le Dragon nucléaire est-il qu'un tigre en papier ?


En 1964, la Chine se dote de l’arme nucléaire. On s’accorde à penser que le Dragon chinois a produit quelque 600 têtes nucléaires depuis lors.

En 2005, on faisait état d'environ 400 armes nucléaires. Un nombre relativement moindre par rapport aux arsenaux Russe et Américain et du niveau de la Grande-Bretagne.

Environ 80 à 130 têtes nucléaires sont déployées sur des missiles balistiques basé à terre, tandis que la composante navale des forces nucléaires se compose en 2005 d'un seul SNLE, le Xia type 092 (immatriculé 406), équipé de 12 missiles Ju Lang 1 (CSS-N-3) d'une portée de 3 500 km portant une ogive de 2 mégatonnes.

Un autre SNLE, le type 094, est actuellement à l'essai et sera équipé de 16 Ju Lang 2 d'une portée de 8 000 km portant soit une ogive de 2,5 mégatonnes ou 3 MIRV de 90 kilotonnes. 4 ou 5 doivent suivre.

La force aérienne comprend une centaine de bombardiers Xian H-6, copie sous licence du Tupolev Tu-16. (Source: Chine-Informations)

Un arsenal qui a de quoi faire réfléchir d'éventuels agresseurs. Sans être un géant nucléaire comme l'Amérique ou la Russie, le Dragon chinois n'est pas pour autant un "tigre en papier" et a désormais du répondant, une force de dissuasion à la hauteur de ses ambitions.

Le Dragon chinois et la base secrète de San Ya à Hainan.

Cette base sous-marine évoquée en tout début d'article est en fait connue depuis 2002 mais aucun document photographique n'était venu attester de son existence jusqu'ici.

C'est la revue spécialisée Jane's et le site Fas.org qui viennent de rendre publiques des photos-satellite de cette base secrète d'une importance stratégique capitale.

Le complexe militaire dans son ensemble disposerait d'une douzaine de tunnels pouvant cacher une vingtaine de sous-marins, voire un ou deux porte-avions et d'autres navires de guerre aux satellites espions. Et cet ensemble hors pair est doté d'une installation de démagnétisation de sous-marins. D'après "Fas.org", la démagnétisation est effectuée avant le départ en mer pour éliminer les champs magnétiques résiduels des sous-marins afin de rendre leur détection plus difficile. Les spécialistes ignoraient que les Chinois disposaient de cette technique (qu'Américains, Britanniques, Français et Russes maîtrisent, semble-t-il, depuis plusieurs années).(Source : Nouvelobs & Le Figaro)

Preuve, dit-on, que Pékin nourrit l’ambition de contrôler la mer de Chine, car c’est là que transite une grande partie du fret mondial et notamment l'approvisionnement en pétrole du Japon (et de la Chine).

Défi considérable pour le Pentagone - peut-être sans précédent depuis la fin de l'Union Soviétique, le Dragon chinois aurait en tête de contrebalancer (puis surpasser) les capacités militaires américaines dans la région.

L'Armée populaire de libération (APL) a fait du développement de nouveaux sous-marins nucléaires l'une de ses priorités. Et Sanya pourrait devenir une base clé de la marine chinoise, qui pourrait même y regrouper toute sa flotte nucléaire. (Source: Le Figaro)

Chine: une armée pour la paix ou pour la guerre ?

Face au développement exponentiel du dispositif militaire du Dragon chinois dans la plus grande opacité de son budget, l'Amérique s'interroge et s'inquiète: Quelles sont les intentions de la Chine?

Le Japon aussi.

«Il est impossible pour un pays voisin, et les autres États dans le monde de comprendre cette croissance [des dépenses militaires] à deux chiffres depuis vingt ans», a asséné Nobutaka Machimura, porte-parole du gouvernement japonais.

C'est que le Pays du Soleil Levant a des relations tendues avec la Chine, depuis la Seconde Guerre mondiale et, plus récemment, un différend territorial sur des gisements offshore (Source: Le Figaro).

Pékin braque notamment quelque 1 000 missiles balistiques et un peu moins de 500 avions de combat sur l’île « rebelle » de Taiwan. Le Pentagone estime que Pékin dispose maintenant de plusieurs options d'attaque, dont «une campagne de bombardement, un blocus ou une invasion amphibie».

En 1962 : La Chine qui conteste la souveraineté indienne sur 90 000 km² de territoire dans le Cachemire fait une incursion en force 20 km au-delà de la frontière, puis se retire. Les États-Unis et l'Union soviétique interviennent pour arrêter le conflit. L'Inde s'incline et cède la région d'Aksai Chin (33 000 km²) dans l'est du Cachemire indien.

Entre octobre 1965 et mars 1968 : Environ 320 000 soldats chinois sont envoyés pour aider le Nord-Viêtnam dans les tâches de défense aérienne, de génie et de logistique. Plus de 1 400 d'entre eux ont été tués.

1969 : Conflit frontalier avec l'URSS; plusieurs centaines de victimes de part et d'autre.

Du 17 février au 16 mars 1979 : Guerre sino-vietnamienne, l'armée populaire de libération tente d'envahir le nord du Viêtnam avec 170 000 hommes pour le punir d'avoir envahi le Cambodge. L'opération est un échec; 26 000 tués et 37 000 blessés chinois, 30 000 morts et 32 000 blessés du côté vietnamien.

Janvier 1987 : Incidents de frontière entre la République populaire de Chine et le Viêtnam (600 morts dans les rangs chinois et 500 chez les Vietnamiens). (Source: Wikipédia)

Le Dragon chinois a une doctrine officielle: son développement est un développement pacifique et si l'armée modernise ses navires, ses missiles et ses avions de chasse c'est uniquement dans un but d'auto-défense et de protection de sa souveraineté.

Et c'est bien pour "protéger sa souveraineté" que la Chine a envahi le Toit du Monde où depuis bientôt 60 ans elle entretient une gigantesque base militaire d'une importance géostratégique capitale.

Une fois le Tibet "libéré pacifiquement" dans le jargon de la propagande communiste, en fait annexé par la force armée des troupes de l'Armée rouge de Mao qui ont répandu malheurs, horreurs et misère sur leur passage meurtrier, le Dragon chinois peut étendre ses griffes sur tout le sous-continent indien.

Après avoir annexé l'Aksai Chin dans l'ouest de l'Himalaya indien, le Dragon a revendiqué l'Arunachal pradesh dans l'est de ce même Himalaya au prétexte que cette province de l'Union indienne avait fait partie du Tibet et que le Tibet "appartenait" depuis 700 ans à la Chine, autrement dit depuis la dynastie des Yuan où l'Empire mongol s'étendait depuis Pékin jusqu'aux confins de l'Europe.

De quoi nous faire réfléchir sur les intentions voire les ambitions de ce dragon "qui n'en finit pas de s'éveiller" et qui à l'avenir pourrait encore bien plus faire trembler le monde qu'il ne le fait maintenant

Rangzen avec Libre Opinion.

 

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